LIVRES D'HUMOUR

Présentation

Les nouveautés
Ma collection
Traits d'humour

Traits d’Humour
L’actualité de l’image dessinée /6/11.07.2005

Exceptionnel : le prochain Salon du dessin de presse et d'humour de St Just -le-Martel (fin sept. 2005) présentera une exposition de 450 originaux de dessins de Bosc, un des plus grands dessinateurs d'humour de tous les temps. Quelques-unes de ses poteries seront également exposées. L'exposition sera ensuite présentée à Nîmes, sa ville natale, pendant tout le mois de novembre. Ces deux événements accompagnent la sortie en octobre du tome 2 de Voyage en Boscavie, l'intégrale des dessins de Bosc aux éditions du Cherche midi. Ce travail de mise en lumière de l’œuvre de Bosc est mené par son neveu Alain Damman qui est aussi le créateur du site internet dédié à son oncle : www.j-m-bosc.com

Michel Cambon (La Vache !, Le prix du Bonheur, Glénat Humour) publie La République et autres menus plaisirs aux éditions du Rocher/Anatolia. A noter que la parution de La Vache, la suite !, tome 2 de son album La Vache !,est prévue pour novembre, toujours dans la collection Glénat Humour.
Cambon a lui aussi son site internet - www.mcambon.net - où l'on peut découvrir toute l'étendue de son talent
Toujours Cambon : une exposition de dessins de La Vache ! sera présentée à la mairie de Sauviat, près de Limoges, du 18 juillet au 15 août 2005. L’auteur y dédicacera ses albums le 22 juillet.

Roger Testu dit Tetsu fêtera le 12 juillet 2005 ses 92 ans. Même s'il ne dessine plus, ses dessins continuent à paraître dans L'Imbécile, revue dirigée par Frédéric Pajak et figurent dans une exposition itinérante présentée dans les principales écoles des Beaux Arts, Toulouse, Lyon, Strasbourg, etc.

L’Imbécile, propose en supplément de son numéro d’été un numéro des Cahiers dessinés (Buchet-Chastel) consacré à Copi. En vente dans les maisons de la presse. 4,90 €.

Jacques Chirac, président de la République a rendu hommage au « dessin corrosif, gaulois, irrévérencieux, frondeur mais toujours si plein de talent » de Wolinski, en lui remettant le 29 juin à l'Élysée, les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur.

Jean-Louis Servan-Shreiber est un des rares patrons de presse à favoriser l'utilisation régulière du dessin d'humour dans les pages de son magazine Psychologie (Voutch, Pessin, Lécroart). Tous les mois, il publie un dessin du New-Yorker qu'il sélectionne et achète directement en ligne sur le site du journal - www.newyo rker.com - (cartoonbank)

Introuvables depuis quelques années les cinq Opus de Mordillo publiés par les éditions Glénat vont être réédités en 2006 par le même éditeur, sous la forme de trois volumes de 96 pages chacun. Parution du premier titre en 2006 à l'occasion des 40 ans de carrière de l'auteur. A noter que Mordillo vient de voir l'intégrale de son œuvre éditée en Chine en 15 albums. Il travaille actuellement à l'adaptation de ses cartoons en dessins animés.

Pour les dessinateurs abonnés à ce bulletin, ci-dessous les dates d’envoi de leurs dessins à quelques festivals internationaux :

2 ème International Indian Cartoon Contest 2005 (Inde)
Date limite d'envoi des dessins : 30 juillet.
Thème : La discrimination et inégalités entre hommes et femmes.
Shyammohan, General Secretary, FPC,
8-3-825/5/4/3/1,
Srinagar Colony,
Hyderabad-500 073
AndhraPradesh India
e-mail : syamohan99@yahoo.com

11 ème International Haïfa Cartoon Contest (Israël).
Date limite d'envoi des dessins : 2 août.
Thème : L'automobile et la route. Premier prix : 500 dollars US.
International Cartoon Contest Haïfa Municipality
P.O.B, 4811, Haïfa City, 31047 - Israël
e-mail : ronite@haifa.muni.il

15 ème International Saitama Cartoon Exhibition (Japon)
Date limite d'envoi des dessins : 19 août.
Thème : "Celebrating" ou libre.
C/o Cultural Affairs Division, Departement of Culture and Human Resources,
Bureau of Community Service Affairs, City of Saitama 6-4-4
Tokiwa, Urawa-Ku Saitama-shi
Saitama-ken
330-9588 Japan

10 ème Festival International De Humor Grafico Diogenes Taborda (Argentine)
Date limite d'envoi des dessins : 1 er août.
Thème : libre.
The Volpe Stessens Foundation,
Caseros 2739, CP 1246,
Buenos Aires Argentina.

24 ème Salon International du dessin de presse et d'humour de St Just-le-Martel (France)
Date limite d'envoi des dessins : 30 août.
Thème : les grands événements de l'année écoulée.
Salon International du dessin de presse et d'humour de St Just-le-Martel
BP 5 - St Just-le-Martel. France.
www.st-just.com

Précision : le titre exact de l’album de Bernar paru aux éditions Hoëbecke est, Le Zapping de Bernar.

Document. Il est assez rare que les dessinateurs s'expriment par écrit sur leur métier. Le texte de Voutch, ci-dessous, est le texte intégral de sa préface pour l'album Le New Yorker Le monde des affaires, publié par Maxima, Laurent de Mesnil éditeur :

© Voutch / Reproduction interdite

"S'il est vrai que pour dire la même chose une légende courte est meilleure qu'une longue (et c'est vrai), on peut imaginer que c'est également le cas de la préface d'un recueil de dessins humoristiques.
Ce qui m'amène avec une vitesse - réellement fulgurante, vous en conviendrez - à la question suivante :
en quoi les dessinateurs du New-Yorker sont-ils plus fortiches que leurs petits camarades
cartoonists du R.O.W. (Rest Of the World) ?

J'ai trouvé quelques réponses à cette question.

La première est justement leur sens aigu du raccourci. Pas un trait de trop, pas un mot de trop, pas une virgule de trop.
L'idée, rien que l'idée. Le coté "on a retiré tout ce qui n'était pas indispensable". Vous trouverez dans ce bouquin quelques virtuoses du genre. Bob Mankoff, pour ne citer que lui, en a même fait une véritable de marque de fabrique. Il faut dire que l'utilisation systématique du noir et blanc au New-Yorker participe activement à ce minimalisme échevelé (en fait, cette histoire de noir et blanc a une origine bien antérieure : le fondateur du New-Yorker ayant décidé un beau jour de 1938 qu'un dessin n'avait pas besoin de couleur pour être marrant et depuis, tout le monde dessine en noir et blanc, point final), mais néanmoins incroyablement narratif.
En dire moins pour en dire plus. ça peut paraître bizarre mais en tous cas, ça marche.

La deuxième réponse concerne la distance entre le dessin et son sujet réel. Le décalage.
Il y a toujours un moment où le dessinateur qui a trouvé une idée qui lui plait doit résoudre le problème de base : qui parle à qui, comment, où et quand ?
Et dans le domaine de la mise en scène, les dessinateurs ont une liberté que doivent leur envier les plus grands réalisateurs de cinéma. No limit. L'armée de Jules César en train de traverser les Alpes sous la neige : aucun problème. Trois orang -outangs en train de descendre le Colorado en canoë kayak : fastoche. Chistophe Colomb en train de boire un coca sur Mars avec Franklin D. Roosevelt: c'est comme si c'était fait.
Reste à savoir si le décalage choisi apporte quelque chose à l'idée. Ce n'est pas toujours évident, mais quand c'est le cas, l'effet de surprise joue à plein et c'est vraiment payant.
Vous trouverez dans ce bouquin quelques idées qui viennent de loin et qui font vraiment boum.
S'éloigner du sujet pour s'en rapprocher. Une autre idée bizarre. Elle a fait ses preuves.

La troisième réponse, c'est que les dessinateurs du New-Yorker ont de bonnes idées, qu'ils les dessinent bien et que leurs cartoons sont drôles et intelligents (et quelquefois l'inverse), qu'ils ont developpé chacun dans leur style une alchimie savante (oserai-je dire magique ?) entre leur dessin et leur légende, qu'ils sont de grands professionnels et reconnus comme tels, qu'ils nous décrivent le monde dans lequel nous vivons avec une acuité et une pertinence qui rend le dessin humoristique plus que jamais indispensable, en contrepoint du politiquement correct, des ragots people sans aucun intérêt et des pensées uniques colportées par la toute puissance des médias qui martèlent sans cesse nos pauvres petits cerveaux ramollis et épuisés par la quête d'un hypothétique bonheur individuel et les efforts surhumains que nous déployons tous pour y parvenir (vous avez survécu à cette phrase ? Bravo, vous avez du cran.).

Enfin, les dessinateurs du New-Yorker ont un sens de l'absurde que nous aurions peut être si nous étions, nous aussi, des anglo-saxons, ce que nous ne sommes pas et on peut le regretter, mais c'est comme ça.
Heureusement, ça ne nous empêche pas (au contraire, même)de bien rigoler en regardant leurs dessins, ce qui réussit presque à nous consoler d'être nés au pays du jeu de mot, de la contrepétrerie et de l'almanach Vermot.

Et si vous ne me croyez pas, je vous renvoie aux pages 7,15,19,75,90,

Si le dessin d'humour était une discipline olympique, les américains rafleraient toutes
les médailles d'or. Et ça serait tout à fait normal : les dessinateurs du New Yorker sont les plus
forts, tout simplement. Des virtuoses. Chacun dans son propre style, dans son propre univers

Je pensais naïvement en acceptant de faire cette préface qu'il était facile de parler d'un sujet
qu'on aime beaucoup et je m'aperçois - avec une certaine consternation - que non, pas tant que ça.
Que dire des dessinateurs du New-Yorker ?
qu'ils sont très forts ? ça se voit, me semble-t-il .
qu'ils sont drôles ? intelligents? pertinents ? synthétiques? minimalistes? décalés?
Qu'ils trouvent des angles incroyables ? Cette redondance friserait à mon avis
le manque de respect, et pour eux, et pour vous.
Est-ce qu'on explique une histoire drôle ? Non : on rigole à la fin et c'est tout. Et c'est déjà beaucoup.
On rigole parce que c'est intelligent, bien raconté, et que la chute est bien amenée, inattendue,
idiote, maligne, absurde, mais en tous cas pas du tout ce qu'on attendait.
C'est ça le dessin d'humour : une histoire drôle sur papier.
Avec un petit avantage quand même : le dessin
campe le décor et les personnages beaucoup plus vite qu'une phrase.
Toute l'élégance est là. Aller vite et clairement au but. Chaque dixième de seconde compte.
Et boum, la chute. C'est à dire l'idée. Il n'y pas de dessin sans idée. ça n'existe tout simplement pas.
A ce petit jeu, les dessinateurs du New-Yorker sont devenus quasiment imbattables.
ça, c'était la partition.
Ensuite vient l'interprétation.
Parce que le dessin n'est jamais neutre.
Il interfère. Il est bien sûr au service de l'idée
mais lui apporte aussi un éclairage particulier,
une ambiance, une saveur bien à lui, une couleur.
Même en noir et blanc.
Et là aussi, c'est un vrai régal.
le dessin au crayon vivant et expressif Weber (il a inventé le gris Weber).
Le dessin faussement maladroit mais féroce de Mankoff.
le graphisme comique de Mick Stevens
le noir et blanc totalement anxiogène de Bek
Les lavis étranges de Shanahan
la laideur super efficace de Cheney
la virtuosité baroque de Lorenz
la naïveté de Gross
etc.

Cela fait plus d'un demi-siècle que ça dure et ça continue.
Il faut dire que le New-Yorker n'est pas né de la dernière pluie. Créé en 1935, c'est une véritable institution

J'aime Weber.Ses gris animés, plein de matière (il a inventé le gris Weber, celui qu'on ne trouve que dans les dessins de Weber), ses personnages très vivants, son humour gentil mais très juste. (pages 2,11,18,47,65,74) C'est un grand dessinateur.
j'aime Charles Addams beaucoup, beaucoup, même s'il a ici un dessin qui est plus un hommage qu'autre chose (il est mort en 1970).
j'aime Peter Arno énormément pour ses cadrages et la modernité de son dessin.
J'aime Barzotti pour son minimalisme. J'aime Booth et son univers de cinglés . J'aime Cheney,
il me fait rire ; c'est simple et drôle. " Voutch.


Remerciements à notre correspondant de La Meignanne.

Responsable rédactionnel :
françois forcadell
glenat.humour@wanadoo.fr