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Traits d'humour

Traits d’Humour
L’actualité de l’image dessinée /n°9/3.1.2006

Le dessinateur Frantico sera-t-il la vedette du prochain salon de la bande dessinée d’Angoulême en profitant de l’occasion pour dévoiler sa véritable identité ? Cela se murmure, comme il se murmure – surtout sur Internet - que cet auteur qui, du 1 er janvier au 15 octobre 2005, a rassemblé quotidiennement sur son blog plus de 8 000 internautes, serait en fait Lewis Trondheim (la similitude entre les lettrages est peut-être un indice ?…).
En tout cas Lewis Trondheim, leader prolifique et original d’une nouvelle génération d’auteurs, ferait un excellent grand prix 2006. Ci-dessus la couverture de l’album Le blog de Frantico, publié par Albin Michel, et ci-contre un dessin de Rif publié dans les commentaires du blog de Frantico.
Quelques sites pour en savoir plus sur L.Trondheim :
le site officiel : http://www.lewistrondheim.com/, et le site non officiel du fan club : http://www.chez.com/lapinet/
Conseil de lecture pour tous les dessinateurs ayant du vague à l’âme : Désœuvré de Lewis Trondheim, publié en 2005 par L’Association dans la collection Éprouvette.

Rappel opportun : GeorgesWolinski dessinateur à Paris Match, Journal du Dimanche et Charlie hebdo, est le président du 33ème Festival International de la Bande Dessinée qui se déroulera du 26 au 29 janvier à Angoulême.

L’Imbécile, mensuel d’idées et de débats, animé par Frédéric Pajak créateur et animateur des Cahiers dessinés (Buchet-Chastel), reprend sa parution début février 2006 sous le titre Le Nouvel Imbécile. Le dessin y aura toujours une grande place.

On parle d’une grande exposition consacrée à Willem (Bernhard Willem Holtrop), un des meilleurs dessinateurs politiques d’aujourd’hui (Libération, Charlie Hebdo), présentée prochainement au Centre Pompidou à Paris…

Ricord (Le Figaro), Plantu (Le Monde), Iturria (Sud Ouest), Ranson (Le Parisien), Dobritz (Le Figaro), Trez (France Soir), Barberousse (France Dimanche, Ici Paris), Solo (Témoignage Chrétien), Mulatier (Le Figaro), Philippe Geluck (VSD), Nono (Le Télégramme de Brest, Ouest-France), Redon (Le Figaro), Yan Méot (Le Figaro magazine), Deligne (NiceMatin, La Montagne, La Croix), Olivier Raynaud (CIIA Cartoon compagny), Dubouillon ( Le Progrès de Lyon), et Chimulus (son fils) (La Tribune), ont célébré en dessins dans une double page du Figaro (31.12.2005 - 1.1.2006, n°19 101) le départ à la retraite de JacquesFaizant « après plus de cinquante ans de présence au journal, en publiant plus de 30 000 dessins. Le dessin commandé à Wolinski n’a pas été publié et Cabu a décliné l’invitation.
« Aujourd’hui, notre cher « éditorialiste  graphique » a décidé de tirer sa révérence », annonce dans un encadré en Une Le Figaro, sans préciser que cet « hommage » anticipé avait été initié suite à une récente hospitalisation du dessinateur dont la rédaction du journal avait jugé l’issue fatale. Une chose est sûre c’est bien la dernière nouvelle formule du Figaro qui a interrompu à 87 ans – et non 97 ans comme les journaux l’ont annoncé – la carrière de Faizant dans les colonnes du journal.
Ci-dessus dessins de Jacques Faizant. Les vieilles dames. Denoël. 1963 .

A noter que l’AFP (14.12.2005) relate l’initiative des dessinateurs de Charlie Hebdo qui ont postulé au remplacement de Jacques Faizant suite à l'offre d'emploi lancée par Serge Dassault, propriétaire du Figaro (groupe Socpresse), lors de l’inauguration d’un salon de la BD à Corbeil-Essonnes (Essonne) dont il est sénateur-maire : "Si l'un d'entre vous est intéressé, je cherche un dessinateur politique gentil pour remplacer Jacques Faizant au Figaro".
« Dans le numéro paru mercredi, sur une pleine page, intitulée "Jacques Faizant prend sa retraite", les dessinateurs de Charlie postulent au Figaro". Onze "candidats", allant de Wolinski à Luz, en passant par Tignous ou Jul, proposent leurs services sous forme de dessins.
Bernar dessine ainsi un Sarkozy au sourire satisfait, tendant une plume de paon, avec une bulle disant : "Pour remplacer un vieux faisan?... un jeune paon!!"»

Précision : l’Atelier An-Girard qui présente du 6 décembre 2005 au 3 février 2006, une exposition d’originaux de Gébé, se trouve au 7 rue Campagne Première 75014 Paris. Galerie ouverte du mardi au vendredi, de 13h à 19h.
Tél. 01 43 22 01 16. Site : www.atelier-an-girard.com
Le soir du vernissage on a pu remarquer la présence de Jacques Doillon (réalisateur de L’An 01), Cabu, Soulas, Willem, Yves Frémion, Roger Knobelspiess, Frédéric Pajak, Gourmelin, Jy, Honoré, entre autres amis et proches de Gébé.

Les dessins de la campagne publicitaire de la société SERAP ressemblaient à ceux de Gabs, mais ce n’étaient pas des dessins de Gabs. Une contrefaçon qui a valu des poursuites à l’agence Émisphère droit/gauche qui n’a pu que reconnaître ses torts. Les publicitaires payés en principe pour avoir de l’imagination, ne se privent d’ailleurs pas pour utiliser gratuitement celle des autres. De très nombreux autres exemples de pillages sur le site : http://mapage.noos.fr/joelapompe2/
Ci-dessous un dessin de l’américain Eric Decetis « récupéré » en 2004 par l’agence de publicité brésilienne Age Comunicacoes (Sao Paulo) pour la boisson Camp Light Juice. A noter que cette campagne a obtenu le Lion de Bronze à Cannes. Nom des « Créatifs »: Antero Neto, Christiano Neves.

DOSSIER PIRATAGE & CONTREFAÇON SUR INTERNET

Les médias ont beaucoup parlé du piratage de la musique et des films sur internet, mais il semble que le piratage touche aussi maintenant la bande dessinée. C’est le cas notamment aux États-Unis où des éditeurs ont pris des mesures pour l’éviter ou le contenir.
C’est ce qu’on apprend en lisant l’article de Stéphanie Chaptal sur le site 01net.com (16.12.2005) :
« A l'ère du tout-numérique, comment attirer de nouveaux lecteurs payants sans craindre le piratage ? Pour Marvel, l'un des principaux éditeurs américains de bandes dessinées (Spiderman, X-Men...), la réponse est simple. En mettant certains de ses albums gratuitement à disposition de tous en ligne, dans une nouvelle collection du nom de Digital Comics. http://www.marvel.com/digitalcomics/catalog/catalog.htm […] ce site propose la lecture de bandes dessinées au fur et à mesure de leurs sorties en kiosque. Pour éviter le téléchargement et une diffusion pirate, la lecture se fait à l'aide d'une animation Flash. Celle-ci permet aussi de zoomer sur certaines cases, d'aller et de venir dans les différentes pages ou d'afficher les pages deux par deux.
Pour l'instant, seul quatre albums sont présents, mais peu à peu le rythme s'étoffera pour atteindre au final un album mis en ligne par jour ouvrable. Pour accéder à ces comics, et les conserver sur son ordinateur, il faut s'enregistrer et accepter de recevoir des offres promotionnelles de la part de la compagnie. […]
Officieusement, le marché de la bande dessinée souffre lui aussi du piratage sur Internet. Pour Rich Johnson, un des meilleurs spécialistes du monde des comics, 72 % du catalogue de Marvel (soit 21 452 bandes dessinées sur 29 633 imprimées au total depuis la création de la société dans les années 60) sont déjà disponibles gratuitement au format PDF ou JPG sur les réseaux depeer to peer.
L'éditeur se devait donc de réagir. D'autant plus que son grand rival, DC (éditeur de Superman et Batman) avait lancé l'automne dernier une campagne de téléchargement gratuit en PDF de certains numéros de sa ligne adulte, Vertigo.
En France, le distributeur européen des deux groupes, Panini, n'a pour l'instant aucune intention d'adapter ce modèle au marché français. Et si Dargaud met déjà à disposition de ses « lecteurs privilégiés » (un service gratuit avec inscription en ligne), les quinze premières pages et la couverture de ses albums en ligne, il refuse de mettre à disposition - gratuitement ou non - l'intégralité d'une bande dessinée.« Ce n'est pas notre but de faire du commerce en ligne, nous voulons au contraire inciter les lecteurs à acheter les albums papiers », explique Jérôme Courivaux, responsable multimédia de Dargaud.
Article intégral : http://www.01net.com/article/298722.html

Autre information sur le sujet (mais qui date de janvier 2005) dévoilée par Hélène Puel toujours sur le site 01net.com : « A son tour, l'industrie du livre découvre les affres de la contrefaçon sur Internet. Un internaute a été condamné au printemps par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir mis à disposition quelque 2 288 bandes dessinées sur Internet. Il a été condamné à verser au Syndicat national de l'édition un euro symbolique au titre de réparation du préjudice subi par l'ensemble de la profession. Le jugement est aujourd'hui définitif, l'homme ayant renoncé à faire appel de cette décision.
Dans cette affaire, la justice s'est montrée clémente. L'article L335-2 du code de la propriété intellectuelle punit les infractions de contrefaçon jusqu'à 300 000 euros d'amende et trois ans de prison. « Lorsque le site a été porté à notre connaissance par la cellule de veille de la gendarmerie de Rosny-sous-Bois, [service technique de recherches judiciaires et de documentation, NDLR], nous nous sommes portés partie civile. Nous n'avons réclamé qu'un euro de dommages et intérêts car ce n'est pas notre vocation. Nous nous voulons pédagogiques. En revanche, les éditeurs mènent eux-mêmes des actions pour faire valoir leur droit », explique Laure Vaille-Touraille, juriste au Syndicat national de l'édition.
Dans le monde de l'édition, la bande dessinée fait figure de cible de premier choix pour la contrefaçon. Avec les maisons de disques ou les producteurs de films, elle partage une même cible, jeune et férue de technologies. Toutefois, les éditeurs en sont encore à essayer de quantifier le phénomène.
« A la différence de la musique ou du cinéma, la bande dessinée est un produit matériel. L'amateur veut avoir entre les mains l'ouvrage pour lire la planche dans des conditions optimales. Le développement de la contrefaçon numérique de bande dessinée devrait être limité », analyse François Pasquier, juriste pour Glénat.
La maison d'édition, qui publie entre autres Titeuf et les mangas Evangelion et Dragon Ball, est en revanche plus inquiète pour la contrefaçon d'images, de logos ou de produits dérivés proposés sur Internet. « Nous nous devons d'entamer des procédures juridiques tant vis-à-vis des nos auteurs que de nos licenciés qui paient pour utiliser les images sur des produits dérivés », poursuit François Pasquier. Glénat a porté plainte contre un site qui diffusait des fonds d'écran issus de 35 albums et de 18 mangas publiés par l'éditeur. L'affaire est en cours d'instruction.
Même écho chez Dargaud. L'éditeur de XIII et Blueberry prévient sur son site Internet que toute personne diffusant en ligne sans autorisation les images ou les fonds d'écran de ses personnages s'expose à des poursuites. Toutefois, Dargaud mène une politique différente vis-à-vis des sites amateurs. Il a mis en place une « charte de bonne conduite » par laquelle les webmestres s'engagent entre autres à ne diffuser que quelques images, indiquer leurs copyrights et leurs auteurs. […]
L’intégralité de l’article sur http://www.01net.com/article/286198.html

Ces informations remettent dans l’actualité un texte du dessinateur Gary Larson diffusé sur Internet il y a quelques mois (Merci à J-M Bertin) :

UN MESSAGE DE GARY LARSON À CEUX QUE CELA PEUT CONCERNER
 
J'avance ici sur des oeufs.
 D'une part, je trouve cela très flatteur que certains de mes fans aient créé des sites montrant et/ou diffusant mon oeuvre sur Internet. Et, d'un autre part, je continue d'avoir du mal à trouver les mots qui, de façon convaincante et avec délicatesse, puissent persuader ces enthousiastes du "Far Side" d'arrêter définitivement avant d'avoir à recevoir ces mots de quelque avocat.
 L'impact que cette utilisation non souhaitée a eu (et continue d'avoir) est bien sûr, en termes matériels, une grosse préoccupation pour mon éditeur, et donc pour moi ; mais ce n'est pas le point principal de cette lettre. Ce que je tente ici, c'est d'essayer de parler de l'impact impalpable, de mon propre préjudice émotionnel de voir mon travail ainsi rassemblé, numérisé et offert sur l'autel du cyberespace, hors de mon contrôle.
 Il y a des années, j'ai mangé un jour avec le dessinateur Richard Guindon et la discussion est venue sur le fait qu'aucun de nous n'a jamais demandé ou accepté des idées de quiconque. Mais, jusqu'à ce que Richard n'exprime précisément ça, je n'avais jamais analysé ma propre aversion pour cela : "C'est comme si quelqu'un d'autre écrivait tes Mémoires", disait-il. Comme cette affirmation sonne vrai pour moi. En effet, nous produisions des dessins que nous espérions distrayants ou, tout du moins, pas ennuyeux mais cependant ils provenaient toujours d'une vision profondément personnelle, et donc originale.
 Essayer d'être "amusant" est une bien effrayante et écrasante affaire. (Demandez à un comique qui a fait un flop en scène). Mais, s'il y avait une maxime à suivre dans ce métier, ce serait celle-ci : soyez honnête vis-à-vis de vous-même et, plus important, respectez votre public.
 Aussi, pour récapituler (probablement un mauvais choix de paroles de ma part), je demande simplement le retour de ce respect et que tout ceux qui font cela pour faire plaisir veuillent s'abstenir de mettre The Far Side sur Internet. Ces dessins sont en quelque sorte mes "enfants" et, comme tout parent, je suis préoccupé de leurs sorties nocturnes vers l'inconnu. Les retrouver sur le site de quelqu'un c'est comme recevoir un coup de fil à deux heures du matin, disant : "Heu.. Papa tu ne vas trop aimer ça, mais devine où je suis."
J'espère que mes explications vous aideront à comprendre l'importance que cela a tout spécialement pour moi, et pourquoi je vous fais cette demande.
Veuillez renvoyer mes "gosses" à la maison. Je vous en serai éternellement reconnaissant.
 
Très respectueusement,


Gary Larson

Version originale en anglais sur le site : http://www.creators.com/editorialcartoons.html

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Responsable rédactionnel :
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